Lomé, le 22/02/2012

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Tony Bland

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Ass Ayigah : « Une compagnie de danse au Togo, c’est la misère »

Chorégraphie

Quand on l’interroge sur sa profession, il répond en souriant : je suis « un orfèvre de l’expression corporelle ». Connu à peine de la nouvelle génération, Assou Ayigah, appelé communément Ass Ayigah a prouvé l

'€™essentiel de sa passion pour la danse. Fondateur en 1985 de la compagnie « Ayigafrik », il allie avec maîtrise le répertoire chorégraphique traditionnel africain à l’expression corporelle moderne. Installé en Angleterre où il vit depuis une dizaine d’années, Ass Ayigah reste incontestablement un "vodou" (génie) de la chorégraphie togolaise en plein essor international. Rencontre avec un talent qui explose !

Le chorégraphe que vous êtes peut-il encore nous retracer son parcours ?

Mon véritable prénom est Assou mais mes amis m’appellent Assayigah, ce qui est devenu mon nom d’artiste.A l’âge de 7 ans, j’aimais déjà la musique et la danse. En 1975, je me suis inscrit à l’Ecole Expérimentale de musique de Lomé ; une école créée par le gouvernement pour la jeunesse, sous la direction de M. Adjé Mensah.

En 1980, malgré le refus de mes parents je partais à la découverte de la Côte d’Ivoire où l’Institut National des Arts et de la Dance d’Abidjan, dirigé par Rose Marie Guiraud m’a accueilli. Et en 1985 je rentrais au togo avec un Diplôme de BTS en Danse - Art chorégraphique et créait ma compagnie "Ayigafri dance".

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En 1987, vous avez signé la chorégraphie de la pièce « La tortue qui chante » de Sénouvo Agbota Zinsou. Une belle aventure à l’époque. Que retenez-vous de négatif dans votre carrière ?

Le Directeur de la Troupe nationale, l’écrivain togolais Sénouvo Agbota Zinsou m’a confié la chorégraphie de sa pièce théâtrale « La tortue qui chante » et nous avons fait une belle tournée européenne.

Par contre, juillet 1998 a été une période bouleversante à cause des élections présidentielles dans notre pays ; les populations étaient en grève. A la frontière de Hilla Condji, au cours de nos formalités douanières, la police togolaise nous a arrété et privé de tous nos documents de voyage. Nous avons été détenus pendant 20 jours à la prison civile de Lomé, coup de tonnerre ! Car la presse nationale et internationale en avait fait un large écho.

Pouvez-vous décrire le Togo en matière de Danse ?

Les togolais ne connaissaient pas grande chose sur l’art chorégraphique. Pour moi, c’est l’art d’utiliser son corps de manière précise pour mieux exprimer une image, un fait, un sentiment, à l’aide de mouvements tout en mettant son corps en scène afin de le faire parler dans le temps et dans l’espace. Pour ma part, j’ai beaucoup aidé mon pays dans le développement de la danse. Aujourd’hui, les togolais se sentent mieux en art chorégraphique. Cependant le Ministère de la Culture pourrait valoriser d’avantage toutes les formes d’art dans les écoles.

Une compagnie de danses peut-elle vivre au Togo ?

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Bien qu’un artiste soit comme un ambassadeur, une compagnie de danse au Togo c’est la misère. Le Ministère de la culture devrait soutenir les artistes pour leurs projets. La danse est un métier alors que les danseurs du Ballet National exercent bénévolement. Votre compagnie a-t-elle percé dans le paysage culturel britannique qu’on sait au demeurant assez représentatif sur l’échiquier international ?

J’ai été très bien accueilli au Royaume-Unis. J’ai représenté l’Angleterre dans une compétition Internationale de danse en 2004, en Corée du Sud avec ma création chorégraphique intitulée « I am Hungry » jouée par ma compagnie Ayigafrik Dance. Ma compagnie continue à percer dans le paysage culturel britannique et surtout dans les festivals, sans oublier mes cours de danse que je donne dans les collèges et universités.

Des conseils aux jeunes danseurs en qui sommeille un Ass Ayigah ?

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La formation est la base de toutes les formes de danse, indispensable pour la culture africaine eu égard à la richesse de la culture de notre continent. Nos artistes doivent faire une recherche personnelle afin de dépasser les frontières du Togo. Un artiste qui évolue fait l’honneur de son pays et surtout à lui-même. Sur le plan du mouvement corporel, je suis autant inspiré par la diversité culturelle, les différentes variétés de folklore que par l’observation des gestes des animaux. La danse Adjogbo dans sa nature, très élaborée, chorégraphique, spectaculaire et harmonieuse ainsi que la danse Agboko des Ewé.

Des projets en vue ?

Et bien, en Octobre 2010 « Ayigafrik Dance » clôture les spectacles débutés en août et sera alors invité par la chorégraphe Rose Marie Guiraud dans le cadre de la Convention Internationale de Danse en Côte d’Ivoire 2011, organisée par sa fondation EDEC. Vous savez, Rose Marie Guiraud, américaine mais d’origine ivoirienne fut ma directrice, elle vit actuellement aux Etats-Unis et me propose de diriger en 2011 son Conservatoire de danse en Côte d’Ivoire.

Votre mot de fin ?

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Le Ministère de la culture du Togo doit maximiser ses efforts pour subventionner les jeunes talentueux qui ont des projets prometteurs. Ce faisant, nous pouvons porter très haut le nom de notre pays.